Mobypod : Les raisons d’un echec 2.0

Charlus Runkle 16 août 2010 1

En Juillet 2006, me prend l’idée de lancer une plateforme vidéo orientée street culture. L’idée était de créer un lieu permettant aux structures indépendantes de tous poils (musiciens, vidéastes, labels, prods etc…) de diffuser leur contenu par le biais de cette plateforme. Un Youtube sauce urbaine en somme. Je passe une bonne partie de mon été à mettre en place le bordel. M’appuyant sur un script déjà éxistant trouvé sur le net, j’apporte des améliorations aussi bien au niveau code que design. Septembre, la version 1.0 est en ligne. Le site bénéficie d’un bon démarrage, l’audience est modeste mais le site est assez bien acceuilli et l’initiative est saluée par certains, qui voient en mobypod.net un avenir radieux. Je m’imagine déjà futur millionnaire.

Mais le plus dur reste à faire. Faire connaitre le site auprès du plus grand monde, générer du trafic. Chose assez difficile quand on développe un tel projet (presque) seul, assurer la maintenance du site, gérer le contenu, le trafic, les newsletters et en plus réaliser du contenu exclusif à la plateforme. À savoir : Takedown l’émission sur les clubs de free fight français, Urban Talents l’émission sur les artistes issus du street art. Sans oublier des captations de concerts tournées avec un ancien associé, lors de festivals, le tout, accessibles gratuitement : Kery James, Nneka, The Roots, Reggae sun ska festival etc…
En somme, une masse de travail énorme pour si peu de moyens. Je me suis épuisé. L’idéal aurait été de démarcher des investisseurs avant de se lancer et non pas de lancer le projet comme une envie de pisser. Certaines personnes ont éssayé de me dissuader de me lancer dans un tel challenge. Youtube et Dailymotion tiennent le haut du pavé et il serait suicidaire d’entrer en concurrence avec eux. Personnellement, je n’y vois aucune concurrence. Il reste de la place pour les marchés dits de niche. Le web est un immense espace qui permet de créer des communautés ciblées et atypiques, sans empiéter sur les secteurs tenus par les mastodontes précédemment cités. Donc dire qu’il est impossible de lancer à l’heure actuelle une plateforme de partage vidéo me parait stupide.
Ce qui a fait cruellement défaut à ce projet, c’est le manque de moyens financiers. Passer énormément de temps sur un projet qui ne rapporte pas un sous, ça fini par lasser. La réalité reprend le dessus, les factures s’accumulent et finalement, le projet tourne en rond sans évoluer.

Second départ

En 2008, je m’associe avec une agence de communication (disparue depuis peu…) afin d’apporter une valeur ajoutée à leurs services et m’apporter un soutien dans le développement du site, notamment en terme de communication. Bref, du gagnant-gagnant, chacun apporte à l’autre. Au bout d’un an, le bilan est à la déception. Nous avions toutes les cartes en main pour faire émerger le projet. À savoir, faire du street marketing, créer un véritable buzz par le biais d’événements et partenariats divers. Ben non, on a dormi pendant tout ce temps et l’audience a chuté considérablement. D’ailleurs ça me tue de me dire que Mobypod avait plus de visites quand j’étais seul à bord. Comment analyser cet état de fait? Par le fait que je m’y suis investi à fond, que ce soit au niveau référencement, gestion de contenu, buzz etc… Choses primordiales qui ont été négligées par la suite. Un comble pour une agence de com…

Une expérience frustrante

Moralité, ce projet n’aura été qu’une succession d’erreurs et de rendez-vous manqués. C’est expérience aura été frustrante finalement, mais m’aura appris énormément sur la façon de mener un tel projet. Les erreurs à ne pas commettre à l’avenir. Aujourd’hui, je m’attèle à un projet plus modeste et qui me motive d’avantage : RUNKLEMAG. Ce projet de blog me trotte dans la tête depuis l’hiver dernier, je l’ai lancé de façon plus sérieuse à partir de mai quand j’ai senti que la plateforme vidéo commençait sérieusement à traîner la patte. RUNKLE devait apporter une touche éditoriale complémentaire à MOBYPOD, assurer du backlink. Un site satellite en somme. Finalement, l’aspect plus personnel de RUNKLEmag (adulte, masculin, urbain et un peu connard) a sérieusement pris le dessus et la ligne éditoriale a tout de suite été bien accueillie.

Figurez-vous que depuis son lancement ce webzine sorti de nulle part connait une audience acceptable avec des « pics » de 1000 visiteurs uniques par jour et ce en plein mois d’aôut! C’est plutôt encourageant je trouve, même si la moyenne tourne globalement autour de 500 visiteurs uniques par jour en moyenne. Je reviendrai d’ailleurs sur les stats fin septembre pour faire un vrai bilan.
En tout cas, je ferme MOBYPOD à la rentrée. Peut être que ce projet renaitra de ses cendres et connaitra un éventuel « reboot », on peut toujours rêver, mais pas avec des bouts de ficelles en tout cas. D’ailleurs si quelqu’un est intéressé pour récupérer le bébé, qu’il me fasse signe. En attendant, c’est RUNKLE WAY OF LIFE BABY!!!

Note : Les émissions Urban Talents reprennent à la rentrée et seront dispos sur Runklemag.

One Comment »

  1. terryx 17 août 2010 à 10 h 39 min -

    oui ç’aurait pu être un big pojet. L’idée etait bonne mais c un secteur ultra concurrenciel donc sans moyen financier c’est mort ou du moins difficile. bon courage

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